Les machines Suisses

Bon, comme vous le savez tous, Cédric et moi on est un peu en mode ‘chantier’ depuis quelques mois…donc il était temps de se casser un peu en falaise…

On a choisi d’aller découvrir un le beau canton du Valais en Suisse. Notre motive pour aller là bas était à la base pour le film festival de montagne aux Diablerais, mais pourquoi pas rester un peu pour voir les belles falaises de là-bas?

Première destination Salvan, au-dessus de Martigny. On a visité les deux secteurs ‘Bouddha’ et ‘Camping’.

Bouddha est une petite falaise sur granit assez courte. On grimpe sur des sortes de fissures et c’est assez technique. La meilleure chose de ce secteur est la cabane de fou que les locales ont construit. Je pense qu’ils ont tout comprit là bas…quand on part grimper, on veux se sentir bien et puis ils ont bien donné du coeur dans cette construction qui fait rêver tout le monde, Bravo les gars!

J’avais pas touché une seul prise depuis le Rätikon il y a plus que 4 semaines, donc je voulais commencer un peu cool, mais ça c’est assez difficile avec Cèdr…7b+ comme échauffement, 7c+ juste après…ensuite on attaque les choses sérieux: Cédric s’offre le magnifique 8b+, les yeux de Boudhha, à vue et moi je le torche au 2ème essaie. Bien motivé par les cotations assez ‘light’ Cédric se lance dans le projet en 9a+, ‘l’oeuvre’ mais ne bouge pas ces fesses. Moi je me prends pareil une grande claque dans le 8c très bloque, ‘la bête humaine’.

Bien content quand-même par cette première journée et agréablement surprit par le style, on bouge le lendemain dans le secteur ‘au dessus du camping’.

Beau bivouac sur une sorte d’alpage et une marche d’approche de seulement 5 min, Cédric est déjà tout content avant d’avoir touché une seule prise. Le mur ici a plus de gueule; un beau rocher de 35 mètres nous attend pour essayer des voies à vue…

 

Après un petit échauffement à vue dans ‘été Indienne’ la king line en 8a+, Cédric fait son combat de l’année pour torcher ‘Van de Panique’ 8c, aussi à vue ( il a sorti ses bruits d’une locomotive tout longue, ça veut dire qu’il en a bien chier…;-))

Moi je me fait éjecter tout à haut dans’ deux mains peut être’ 7c, les avant bras gonflé comme celles de Fred Nicole. J’ai bien de mal à faire marcher mes petits bras après une si longue pause et je grimpe comme une mule…bref, je fais quand-même flash le super 8a+, ‘été Indienne’, mais je ne suis pas très contente avec moi même parce que j’ai perdue toutes mes sensations de grimpe…normale après une pause, je le sais, mais un peu frustrant à chaque fois…( je pense que je ne suis pas la seul à connaitre ça…;-))

Le soir même on fait la route pour les Diablerets et le lendemain on profite d’un super buffet campagnard, organisé par le festival pour les 150 ans du CAS. Petite présentation sur scène à 16 heures avec des autres grands grimpeurs/montagnards comme Catherine Déstivel, Kurt Diemberger ou encore Stéphane Sigrist. On présent le film Silbergeier et ensuite on se régale avec une délicieuse paellia. Les batteries sont rechargées, on repart  direction Rawyl.

Le Rawyl c’est un pur spot de grimpe qu’on connaissait pas du tout et encore une fois, la beauté du paysage, la pureté de l’air, la fraîcheur de l’eau du barrage et les beaux spots pour dormir, nous ont coupé le souffle.

Niveau grimpe on a pas été déçu non plus. Motivée comme très rare dans ma vie d’une grimpeuse pro, je me lance directement dans ‘le plus beau 8c’ du Valais, Stop Sika. Je fais une monté de travail et je trouve assez vite les méthodes mais par contre je me rends bien compte de la bonne portion de rési qu’il faut apporter pour pouvoir enchainer toute la voie. Deuxième monté j’enchaine déjà pas mal les sections et là il y a la grande satisfaction qui s’installe en moi: Je reprend le dessus de mon corps; j’arrive de nouveau à danser dans mon escalade, je grimpe en douceur quand il faut et je force juste ce qu’il faut. Comme ça m’a manqué….

Le lendemain, Cédr essaie la voie flash mais il se la colle dans un petit pas en dalle au début dans la voie. Il met toute la faute sur moi, apparament je lui ai pas fait des assez grands traits…attends? Les histoires avec les traits de magnésie, on les a déjà entendue quelques parts, non?;-) Bref, je comprends qu’il lâche ses frustrations sur quelqu’un et je ne dis rien. Après une petite monté de travail il enchaine et puis on rigole bien sur sa réaction…oui oui, les traits de magnésie…

Un peu plus tard il y le petit vent de la petite collante de l’été qui se lève et j’enchaine la voie dans mon 5ème essaie. Je suis vraiment contente avec moi même, j’ai bien grimpé et j’ai eu des sensations de ouf de nouveau…j’adore ça…

On change au secteur ‘Paradis’ le jour d’après parce que Cédric veut essayer la voie en 9a qu’Adam a enchainé à vue. Trop curieux pour voir cette ligne, on attend même pas que la falaise passe à l’ombre et Cèdr fait sa première monté en plein cagnard à midi. Il monte très vite la corde et remets un essaie juste après. Sous-calé dans le début ou ça tire très fort,il tombe et retravaille les premiers 15 mètres de la voie.

Il descends, tire la corde, fait une pause de 5 min et la machine Suisse est parti pour torcher ‘Cabane au Canade’ dans mois de dix minutes et en plein de soleil. Il redescends avec une petite joie (c’est con à dire), mais il s’attendait à un peu à plus dur…

Petite séance photo le jour d’après dans le 8c et petit fight dans mon essaie flash du superbe 8a+, ‘dégout et des couleurs’, on encourage a fond la jeune forte Suissesse Rebekka Stotz, dans ses essaies dans le 8c. Cette petite machine d’entrainement sur plastique à enfin osé de faire le pas et d’aller toucher des vrais prises d’escalade!;-) Elle s’offre le plus beau combat qu’elle a fait dans sa vie et torche son premier 8c en falaise.

 

Comme ça me rend heureuse de voir qu’il y a de l’espoir en Suisse et je suis à deux doigts de la faire arrêter de la compète et de la faire trainer partout sur du beau rocher…mais ça l’équipe Suisse va moins aimer je pense…;-)

Le Valais, un beau coin de la Suisse, à recommandé si vous voulez chercher un peu de fraîcheur en plein d’été et puis comme souvent en Suisse,il y a que du bon vin et du bon fromage, la base pour rendre la vie très belle et pour fêter des petits croix…;-)

Gouffre Berger

Une belle aventure, écrit par Gilles Gaboyer:

L’idée avait germé dans la tête de Mike (Fuselier) il y a 4 mois, par un midi de printemps, attablés à un café chambérien, dans un grand moment d’amitié : « écoutes, Gilou, il faut qu’on fasse un truc ensemble, il faut que tu prennes l’air, alors moi je te propose qu’on aille au fond du Berger avec Cédric et Nina !! »… Mon visage s’illumine… Mon visage s’ouvre tout en grand… Et un sourire grand comme la salle des 13 s’installe au milieu de ma goule… je réponds : OUI MON MICKEY !!!! Voilà, juste un café avec un pote, et me voilà à 1000m sous terre… Bon, le problème de fond, pas encore connu à l’époque de ce café, c’est que 2013 est une année trempée… Et que réunir 3 jours de beau temps stable, une carreleuse-mangeuse de 8c suisse, un spéléo-boulder-champion-marteau-piqueur suisse aussi, un ouvreur internationnal-BE-croqueur de 9a espagnols, un jardinier-spéléo-amoureux et un kiné-jeune-papa-maçon-débordé, en 2013, c’est impossible. L’expérience nous l’a d’ailleurs montré, puisque nous avons reporté le projet 4 fois déjà, et que la seule fois où nous avons été rassemblés tous les 5 (6 avec Charles), les orages se sont pointés pour nous priver du Berger mais nous consoler avec une traversée des Anciens. Donc, ayant compris et accepté que ce serait impossible, nous voilà en nombre réduit, mais non-moins joyeux et efficaces, le trio de la mort qui tue : le CALAGA (Caprez-Lachat-Gaboyer). Ca c’est une intro…
« Bon, Gilou, on y va le dimanche 28 juillet, le lendemain du « Tout-A-Bloc », on rentre dedans dimanche matin, on ressort dans la nuit ! ». Euh, c’est Cédric, ne nous emballons pas, ça va sûrement encore tomber à l’eau, jusqu’à l’entrée du trou ça peut encore tomber à l’eau… Puis, quelques jours plus tard : « Bon, Gilou, on y va le samedi 27 juillet, parce qu’ils prévoient des orages le dimanche 28! » Ah, vous voyez, ça va tomber à l’eau ! Et puis les jours passent, la météo reste stable, en fait on a un vrai été, et le 27 est là… Ok, on y va. Cédric m’apprend la veille que 2 hommes descendent au fond du Berger le 27 également, ils entrent dedans à 7h, pour aller tour équiper de -500 à -1000 pour un rassemblement du CAF prévu dans 10j et qui amènera quelques 200 personnes dans le gouffre. Ce qui signifie : si on les laisse passer devant, nous on se fait le Berger sans kit !! (sans sac). Incroyable !! Le Berger sans bagage, sans cordes ni amarrages, sans le poids du matos qui arrache des cris de rage… génial !! C’est faire l’Everest sans manquer d’oxygène ! C’est faire les étapes du Tour en mobylette ! C’est vivre en France sans payer d’impôts ! Ouaaah, il est de + en + beau, ce cadeau… Ainsi, Cédric et Nina montent au Parking des Molières le 26 au soir pour passer une bonne nuit là-haut à la fraîche loin de l’étouffante fournaise grenobloise, et également croiser les 2 hommes en question qui se prénomment David et Xavier. Pour ma part, je prépare mon matos en rentrant éreinté d’une énorme journée de boulot dans la canicule de ce 26 juillet (33° à l’intérieur du cabinet…), je dors (mal) à la maison pour avoir l’occasion de fêter l’anniversaire de mon fiston au petit dej de ce 27 juillet puis de partir tranquille pour le Vercors. 11h30 au parking des Molières, embrassades, déconnades, boutades, on cales 3 petits détails, on enterre clés de voiture et bouteille de vin et on prend le chemin. L’idée étant de rentrer par le gouffre Berger, et de ressortir par « La laitière Mutante », une variante d’entrée ouverte par Cédric il y a 4 ans et qui jonctionne avec le collecteur du Berger à environ -250. Donc, on se changera sur le chemin, à l’intersection d’où part d’un côté le chemin vers l’entrée du Berger, de l’autre le chemin vers l’entrée de la Laitière Mutante. On mange à l’ombre, on se change, photo, on planque les sacs et zou, il est 14h, on part pour le Berger en plein cagnard de juillet. Entré dans le trou, 14h30. Avec la promesse que me font mes 2 amis de trouver une surprise au fond… Rien que pour moi… Je subodore immédiatement la présence d’une blonde en bikini à -1120m qui m’attendrait, brûlante, exubérante, band—-, depuis la veille… ☺

Avant l’entrée

Nous enfilons rapidement la succession de puits d’entrée, Puit Ruiz, puit du cairn, puit Garby, puit Gontard et puit Aldo, pour ma part dans la contemplation impressionnée de ces grandes verticales. 200m de puit au total.

Nous nous retrouvons rapidement dans la Grande Galerie à -250m où il me faut arroser tout cet espace avec mon ultra pendant un bon moment avant de parvenir à m’accoutumer à ses volumes immenses… Nous passons le lac Cadoux tout sec et Cédric m’y raconte les anecdotes de crues, de bateau, ou de longues attentes de décrue… Nous filons au grand éboulis qui nous offre sa randonnée souterraine où l’on perd doucement la conscience d’être sous terre tant le regard ne se fait arrêter par rien du tout… Juste l’impression de se balader de nuit en montagne. Nous arrivons à -500, au bivouac, avec des tentes en couv de survies avec notamment l’une d’entre elle toute neuve qui ressemble à un module lunaire de l’odyssée de l’espace… Là, on prend vraiment conscience que plein plein de gens sont passés là avant nous, et que l’aventure du Berger dure depuis bien longtemps ! Il est 15h55, on a gazé. On mange une barre, et on repart, avec bien sûr une pause photo immédiate dans la salle des treize. Des photos jolies, obligatoirement, mais des photos débiles, aussi, nous sommes les CAGALA!

Gilou en plein de découverte…

Nous continuons à descendre, et entrons dans les coufinades, ce long méandre aquatique un peu sportif et que nous franchissons sportivement, pour jouer le jeu, et dépenser toute cette belle énergie dont nous regorgeons… Cédric, lui, traîne en arrière pour assainir l’équipement à l’entrée des coufinades, couper de vieilles cordes pourries, dangereuses, qui rendent la sécurité moins lisible. Nous courrons devant avec Nina dans l’amusement et toujours la contemplation de ce passage splendide lui aussi. On comprend par contre que les crues dans cette veine souterraine doivent être terribles et redoutable… Nous passons la cascade Claudine qui termine ce méandre aquatique et bruyant, et retrouvons les grands volumes en descendant le grand Canyon. Là, nous apercevons 2 lampes tout en bas qui terminent la descente de ce nouvel éboulis. Leur progression est lente, mal-assurée, fatiguée. Ce sont David et Xavier, les « équipeurs ». Nous pensions les croiser alors qu’ils remonteraient, et en fait nous les rejoignons bien avant, alors qu’ils descendent encore, nous sommes à -800m, il leur reste 2 bonnes heures d’équipement avant d’atteindre le fond. Ils nous racontent leur galère à faire passer 4 énormes kits (ils en avaient 6 à l’entrée du Berger !…) au travers des Coufinades notamment, une véritable épreuve de force ! Ils sont entrés à 7h du mat, il est 17h20 et ils ne se sont même pas encore arrêtés pour manger… Ils décident donc de faire leur pause avec nous, tout le monde se déleste, se change, se couvre, puis passe à table.

 

La salle des 13

A table!

ahhhhh, manger chaud sous terre… c’est boire une bière à midi au milieu de Sahara ! Nos deux convives avaient poliment refusé leur aide à Cédric et Nina la veille au soir au parking pour porter tout ceci et les assister dans la progression, peut être l’ont t’il ensuite regretté… En tout cas, maintenant, c’est nous qui nous confondons dans la honte et beaucoup de gêne à les trouver là si fatigués et à les entendre nous raconter toute la peine qu’ils ont eu à traverser les Coufinades, alors que nous, nous les avons survolées comme un jeu… légers, les mains dans les poches… Hem… Nous leur proposons donc notre aide pour la suite, mais finalement, à part leur prendre le dernier kit qui servira à équiper la toute fin (cascade de l’ouragan), c’est tout ce que nous pouvons faire ! Leurs kits sont énormes, ils font presque 2 fois un kit normal, en volume… Et en attendant, il ne nous reste plus qu’à… attendre, justement. Et voilà comment on se retrouve à faire du corps à corps avec 2 suisses à 800m sous terre, dans l’intimité d’une couverture de survie nous chapeautant tous les 3, calor-calor mais sans l’excitation… Enfin pour moi en tout cas ! Je profite de l’attente pour faire le plein d’eau à la rivière, dans le lit de laquelle je trouve un joli fossile d’oursin que je dédie immédiatement à l’anniversaire de mon fiston. Cédric et moi amorçons une remontée de l’éboulis du grand canyon pour nous réchauffer, mais la motivation s’effondre vite et nous retournons nous serrer contre Nina et son réchaud à gaz (les filles suisses sont comme les françaises, elles ne produisent pas de chaleur… ;-)).

Moi sous la couverture de survie!;-)

Nous levons le camp à 19h30, y’en a marre d’attendre.

La belle et effrayante Grande cascade nous attend, puis nous progressons et rejoignons David et Xavier à la Vire-Tu-Oses, juste avant la jonction avec le réseau de la « Fromagère ». Cédric passe un long moment là aussi à soigner et éclaircir l’équipement pendant que Nina et moi entamons une conversation familiale. Nous envisageons la psychothérapie généalogique de la 7ème génération par alliance en amont de la cousine issue-de-germaine de Nina lorsque Cédric nous interrompe en nous faisant signe que l’on peut avancer. Le puit du pendule, et nous rejoignons David et Xavier sur la vire de l’ouragan, juste au sommet de ce magnifique et terminal P44. Je scrute l’obscurité du fond au travers des embruns de cascade pour tenter d’entr’apercevoir ma blonde promise pendant que Nina et Cédric manigancent plein de trucs louches dans mon dos. Nos 2 équipeurs nous racontent alors comment un spit a cédé (sorti carrément de la roche) dans l’un des puits des Coufinades alors que David était longé dessus… Hem, alors donc, ça arrive…

Sur la dernière vire avant d’atteindre le -1000

Nous glissons les uns après les autres de cette petite vire pour rejoindre le fond. Enfin. Mes doux espoirs s’effondrent, pas de blonde. Mais bien heureusement, mes amis me ressaisissent et m’apportent immédiatement l’unique produit assez fort pour me consoler réellement d’une pareille déception : une bouteille de rouge !! Un ptit Pinot Noir de derrière la frontière franco-suisse, dégusté rapidement dans l’idée qu’il faut vite aller jeter nos bloqueurs sur la corde de l’ouragan avant que David et Xavier ne reviennent et réclament, à très juste titre, de remonter devant nous. Glou glou puis han-han sur 44m. Ca y est, ça commence… Il est 21h.

Un petit Pinot au font du Gourffre Berger!

Les 3 gorgées de vin que je viens de boire se trompent de chemin et tombent directement dans mes bras… Et ben je suis pas sorti de là, moi… Et puis les muscles s’échauffent, mes amis aussi, et la remontée se fait bon train. Musculairement, ça va. C’est digestivement que ça se gâte, je prends des spasmes dans le ventre, qui donnent soit des nausées, soit des pets. J’asphyxie donc joyeusement Nina qui reste à distance, et puis les langues se délient, et nous nous apercevons que nous avons tous les 3 le même problème… Les Calagas ont la cagante… Il doit y avoir un peu trop de bouses de vache au mètre carré en surface, et l’eau de la grotte que nous buvons depuis le début doit être un peu jaunie… On serre les dents et les fesses, on continue, et chacun découvre les parfums intérieurs des 2 autres… Merci aux grands volumes du Berger, la même chose dans la fromagère et c’est le gazage ! Nous remontons du matériel excédentaire de nos 2 équipeurs jusqu’au bivouac de -500. Là, il est minuit, et nous faisons un gueuleton sous tenture aluminée grâce au nouveau sponsor alimentaire de Nina qui nous offre la nourriture lyophilisée. Nous retiendrons tout spécialement les pâtes carbonara qui nous arrachent des Huuuum de plaisir…

Un plat chaud, la base…

Nous reprenons notre remontée à 0h45, remontons l’éboulis à bon train selon Cédric (il n’aime pas marcher !), et voilà déjà la bifurcation à gauche qui amène à la succession de puits d’entrée du Berger. Là, temps d’arrêt, réflexion, une discussion sous le bivouac nous avait amené à pencher pour cette option de remonter tranquillement par le Berger, mais arrivés là, Cédric est super motivé pour me faire découvrir la Laitière Mutante. On devine qu’il s’est passé un truc dans sa tête du genre : « Ah !! Mes saloupiaux, vous avez couru dans l’éboulis comme des chamois, mais on verra si vous faites autant les malins dans la galerie de la boue et dans les méandres pourris de la Laitière ! »… Ca c’est sa vraie pensée, mais tout haut il nous dit : « Oui, c’est mieux par la Laitière, c’est plus direct, plus chiant au début, mais après, une fois que tu es sur la corde, tu ne la quittes plus jusqu’à la sortie! ». Bon, bon, c’est toi le chef, Ced, c’est toi qui connais, moi je te suis, et puis c’est vrai que c’est mieux de faire une boucle. Nina, elle, ne dit rien, n’ose rien dire, en fait, mais prend immédiatement une mauvaise intuition qui ne la quittera plus… Et pour cause… Désormais, promis, j’écoute les filles !! Sous terre, en tous cas… Nous voilà partis pour la Laitière, il est 2h.

« Gilou, à partir de maintenant, tu me suis juste derrière, tu poses le pied là où je pose le pied, et pas 5cm à côté, d’accord ? Et interdiction formelle de tomber !!! Ok ?? » Me dit Cédric. Bon, j’enlève le mode auto, je repasse en mode manuel, et me met quelques grandes baffes psychologiques pour respecter ces directives un peu flippantes. Je le suis, exactement, et sans trop comprendre pourquoi, quand à un moment, je le vois hésiter, scruter le sol une seconde, avancer le pied vers une zone parfaitement saine et porteuse du sol, et là, Cédric Lachat perd l’ensemble de son membre inférieur gauche qui disparaît totalement dans la boue… Ok, ok, j’ai compris. Glups. Je tend ma main, je tire Cédric de là dans un grand slurp, et nous repartons… Puis, l’eau glacée jusqu’à mi-cuisse, des cris, de satisfaction de Cédric de nous infliger ça, de colère et désagrément de Nina et moi évidemment… L’heure avance, la fatigue s’installe. Cédric, lui, baille et pète depuis longtemps déjà, ce garçon que certains pourraient prendre pour un sur-homme ne vaut plus rien après 22h… 😉

Nous rentrons enfin dans la Laitière. Qui commence en fait par une portion pénible et pas très belle (la fatigue nous a même poussé à employer des termes un peu plus grossiers…), des bouts de ressauts où qu’on frotte et qu’on coince partout, et un méandre boueux qui vient insulter la journée de belle spéléo propre et spacieuse que nous venons de vivre. Au cours de ma désescalade de l’un de ces ressauts, alors que Cédric me précédant est en dessous de moi, ma main fait tomber une bonne pierre qui fait bien ses 2-3 kg et qui vient frapper l’omoplate de Cédric 4/5m plus bas. Je gueule « Attention !! » alors que la pierre est déjà sur lui, ne lui laissant pas le temps de réagir. Il me dit sur l’instant que tout va bien. Nous continuons, et arrivons enfin au pied des puits. Un échauffement dans un joli P40 pour commencer, puis des puits et des puits, un P80 et un P110 pour finir et déboucher à la surface. Je suis fatigué. Le seul carburant vraiment efficace que je trouve est la promesse très prochaine que je fais à mon petit corps de revoir le ciel. Je suis en train d’assassiner mes biceps dans le dernier fractionnement du P80 quand j’entends la voix de Nina qui était partie devant hurler une phrase qui me glace le sang « CEDRIC !!!!! ON A UN PROBLEME !!!! » Nina est en effet arrivée au pied du P110, y a trouvé une corde qui y pendait et semblait attendre ses bloqueurs, elle les y a donc installé, a pris appui sur sa pédale, et là, la corde est tombée du haut pour venir s’entasser à côté d’elle… Nina blanche avec sa poignée dans la main… Puis Cédric blanc, et Gilou blanc. Je sais que Nina n’est pas une fille cruelle, mais je me dit que la fatigue fabrique parfois des maladresses, et j’attends donc d’abord quelques secondes qu’elle rajoute « Mais non, c’était une blague !!! ». Mais non, je l’entend parler et parler avec Cédric, de loin, et ne sachant pas comment réagir, je me dit qu’il faut d’abord que je me mette à l’abri de ma réaction, et que je monte au sommet de ce puit pour me poser à plat. J’arrive en haut, Cédric et Nina reviennent en arrière et m’expliquent : « On ne sait pas pourquoi, mais la corde est tranchée, on ne peut pas sortir par là. Gilou, il n’y a que 2 solutions, soit 2 d’entre nous restent là pendant qu’un 3ème fait le tour par le Berger, mais il y en a pour 3 heures, et vous allez avoir froid, et nous n’avons plus d’eau. Sinon, on fait le tour tous les 3, il faut avaler, accepter, et repartir en arrière. On redescend dans le collecteur à -250, on retraverse la galerie de la boue, et on remonte par le Berger » Je vis ce moment là comme un prisonnier à perpèt innocent qui arriverait à s’échapper de prison après avoir creusé un tunnel avec les ongles pendant 3 ans depuis sa cellule jusque dehors, qui s’évade, court pendant 20 bornes à travers champ, vole des fringues sur un fil à linge dans la cour d’une ferme, rejoint un aéroport, prend un billet, passe les portiques, prend la passerelle, monte dans l’avion, et là, à l’entrée de l’allée de siège, se baisse pour ramasser le doudou d’une petit fille tombé par terre, et dévoile ainsi aux yeux du steward son habit de prisonnier que recouvre sa veste de fermier… Gilou abattu. J’avoue ma fatigue, ma difficulté à encaisser la mauvaise nouvelle, et mon besoin de quelques minutes pour réagir. Nina et Cédric se ressaisissent beaucoup plus vite que moi, et sont déjà prêts à passer à l’action. A l’unanimité nous décidons de repartir tous les 3. Hors de question de se séparer. Et l’attente est parfois plus pénible que l’effort. Alors je rassemble tout ce que j’ai de courage en moi, en allant chercher jusque sous les ongles, et nous replongeons dans les puits… Cédric fait la grimace sur certains mouvements, la douleur à l’épaule droite augmente, un hématome gonfle dans son muscle… Une dose d’arnica, et beaucoup de détermination, il faut avancer… C’est vrai qu’il est costaud, notre petit Lachat.

Notre redescente est silencieuse, à part les souffles et les grognements, et Gilou qui parle et s’agace tout seul quand il fait des nœuds aux fractio. Je vérifie chaque manip 3 fois, je n’ai plus confiance en moi. Je suis lent. Et nous sommes tous les 3 passés en mode « con », c’est-à-dire cerveau-éteint. Cédric dort debout, son corps avance par automatisme. Nina, elle, carbure à la volonté, et déploie l’énergie brute et vigoureuse du « je n’ai pas le choix !! Peut être que je craquerais, mais quand j’aurai le choix !!». Elle mène notre trio superbement, nous suivons. La galerie de la boue devient un passage juste chiant, pas drôle. Notre peine nous amène au pied des puits. Cédric et Nina me montrent leurs ressources, ils remontent ces puits sans broncher, et dans un bon rythme. Et Cédric ne me lâche pas des yeux. Il surveille bien plus ce que je fais moi que ce qu’il fait lui-même, et m’attend à chaque fractionnement. Il m’encourage à prendre mon temps, porte le kit, me donne de l’eau, et me rappelle régulièrement que si je n’y arrive plus, il prend le relai sans problème et me hisse. Ce climat de confiance me fait un bien fou et me donne de l’assurance. Je ne suis pas épuisé ni à bout de force, je suis dans la fatigue profonde, là où on change, là où on se met à ne plus trop faire confiance à ce que l’on fait, à ce que l’on voit ou entend. Je connais bien cet état là, mais en montagne, à pied, pas sous terre dans des grandes verticales. Et moi, à la base, les grandes verticales m’impressionnent, et réveillent ma peur de la chute. Quand j’ai de l’énergie, je contrôle très bien ces angoisses primitives, mais là dans la fatigue, mes appréhensions, mes émotions, mes peurs m’assaillent. Disons-le, j’ai peur de me la coller. Une fausse manip, une erreur de longe, un bloqueur mal placé, ou que sais-je, j’ai la trouille. La trouille des 40m sous mon cul. Et je m’arrête tous les 5 mètres, pas tant pour récupérer, mais pour respirer profondément et me concentrer à repousser ma panique qui approche. J’y parviens. Combien de temps ? Ne pas penser. Pas penser. Cédric me rappelle à chaque étape ce qu’il me reste à faire, pour me rappeler qu’on est presque arrivés. Il y a quand même un moment dans un méandre, où je pousse le bassin de Cédric pour l’aider à se hisser, il n’arrive plus à pousser sur sa main droite, son épaule lui fait mal… Et puis tout à coup, des aiguilles de pin, au sol. Merde… Je suis à la base du dernier puit. Cédric me l’a dit, déjà, certes, mais ces aiguilles me le hurlent avec tout ce que ça implique. Puis des bouts de glace, puis des lueurs bleutées, puis de l’air chaud… Oh putain, ça y est, c’est la fin. Je sors, il est 6h30.

Cédric et moi mangeons du pain et du jambon laissés très gentiment par David et Xavier qui du coup sont ressortis avant nous et que Nina a croisé. Eux que nous plaignons ont été plus endurant que nous et Nina les a trouvés en forme… Nina a jeté combard et baudard et est partie chercher nos sacs, elle m’impressionne !… Et moi, je regarde ce lever de soleil comme si c’était le tout premier…

Nous rejoignons Nina, on mange, on se change, on reparle de cette corde, incroyable, on émet 57 hypothèses, et puis on reprend le chemin du parking. C’est un chemin très spécial, il fait 3km à l’aller, mais il fait 25km au retour… En passant aux même endroits, pourtant… Il est magique, ce Vercors. Un sms pour rassurer les proches, pain-fromage-vin, duvet, et nous tombons de sommeil sur les 2 tours Eiffel de remontée sur corde que nous venons de nous offrir…

Le Berger, c’est à chaque fois une aventure…

Merci, merci 10 000 fois à mes 2 amis suisses qui ont veillé sur moi comme 2 anges gardien, et avec qui j’ai pris un plaisir immense à partager cette sortie. Je n’oublierai jamais ces moments là, le Berger, oui, biensûr, mais aussi la profondeur de ce partage-là. Merci, du fond du cœur. Et non, je n’irai pas dans le 118-218 !!!!!!!

 

Gilou

A different project

This spring, Cédric and me, we’ve had the crazy opportunity to buy an apartement for a good prize. This peace of 70m/2 was completly to rennovate, from sanitation, about electricity and heating system to every wall and floor. We were super motivaded to do some handwork, but unfortunalety we were also a littl eibt too naive….we were thinking about 3 months of easy rennovations, but this wasn’t the reality…because we do not have a lot of money, we had to do every work by ourselfs and this takes a long long time. Since 3 months now, we are working really hard and the management between climbling and working is not easy….These last times, we gave up climbing, because we have to leave from our actually living place in the end of august. A little stress but also a fantastic and compeltly different project which lurns us tons of things in life! Since 3 months I know making brick walls, tile walls and tile floors, plastering and more and more.

We are far away from the end, but anyways, enjoy our progression with these little photo album. At this place I would also like to say a huge thank’s to some of our loyal friends and to my lovely family for their investement, fantastic to see that some persons are here to help us out during these heavy times.

 

Living room

Kitchen

Bathroom

Living room

Cédric’s favourite work…;-)

 

My wall

Kitchen

Bathroom

Kitchen

Bathroom

Bathroom

WC

More soon…(or later…;-)

What else:

This Sunday we will be in Switzerland at the Film Festival les Diablerets:

End of August I will present Silbergeier at the filmfestival in St.Anton, hope to see you there!

19. Filmfest St. Anton – Berge/Menschen/Abenteuer from FREILUFTDOKU – Harry Putz on Vimeo.

On the 20th of september I will be part of the via ferrata camp in St.Antönien, always a fun event:

And the most important in the end: I will restart climbing soon…;-)

A fine taste of Switzerland

This week I’ve had the big pleasure to show around the best sides of Switzerland, my homeland Prättigau, to some of my really good French friends Mélissa le Nevé, Florence Pinet and Gérome Pouvreau.

Before that, we had to go the tade show in Friedrichshafen which is always a big crux in a climber life…anyways, the air of the Rätikon was even fresher after tahat,then ever before.

We had an icredible window of good weather, which is quiet unique for this area: no rain, cold northwind and amazing long daylight till 10 in the evening.

No hesitations for Flo and Gé, the idea of Silbergeier was fixed in their minds. My role as the local guide was to give them all the informations necessary  and to share all the little secrets I know about this ultra technical multipitch climb.

Mélissa and me, we took all our courage together and attacked the most ‘flatfull’ route in the whole Rätikon: Hanniballs Alptraum (Hanniballs nightmare….)

I already had some ‘nightmare’ experiences in this route, six years ago. Full of confidence that my foot technique would be better now, we starded to climb while Flo and Gé were ready to touch the first holds of Silbergeier, only 10 meters right of us.

Hanniballs nightmare, this name is defenitly not only an invention, it’s the true and perfect name for this 7c flat monster!

First day we’ve had a look on the frist three pitches and it was so hard for us tho figer out the betas that we weren’t able to have a look on the last 7c pitch. Next day we tried to redpoint but there was no way for us….big fights in the first three pitches (7b, 7b+, 7b+) and then my on-sight on the 7c…no way…no courage to give one more go for the redpoint…unbelieveble…I mean it was not an 8c, only 7b+???? Fortunalety I know the grades in the Rätikon are particulary…

Well, beside loosing a lot of skin, loosing tonns of rubber and big run outs, we’ve had a great great time! Florence and Gérome  worked out the whole line, beside the last 7c+/8a pitch and we were ready for a good restday at my mothers house in Prada. Prada means hanging out on a terrasse in the middle of the mountains, Prada means huge barbecues with only meet of the local hunters, Prada means good wine….the pure recovering for body and mind.

Last day, Mélissa and me, we didn’t found enough courage to retourn in Hanniball, we were gardening instead. Yes I know, this could sound a little bit lazy, but everybody who has already climbed in Hanniball knows that it tooks a while before you wanna go back…;-)

The stomace full of chamois meet, Gérome was able to redpoint Silbergeier on this day and this is for me one of the biggest satisfaction I can feel: to help the best I can and to admit all my energy I have for another person. BIG UP Gérome!!!!!!!!!!

More infos about the Redpoint form Gérome on the webpage  grimper.com

Le monde à l’envers

Ces dernières deux semaines j’ai fait tout le contraire de ce que j’ai l’habitude de faire….

Bon, avec le team Petzl on est parti dans les gorges du Tarn pour le Roc Trip de couleur caillou. On a été invité pour grimper plein de nouvelles voies et des voies reéquipées.

Normalement j’aime trop ce genre d’événements parce qu’on grimpe dans toutes les belles voies du coin et on profite des beaux moments avec nos amis dans une belle nature.

 

Malheureusement pour moi ça ce n’est pas passé comme prévu. Bien sur j’avais envie de grimper dans la plus belle voie du coin, Tennessee. Avec Mél on a travaillé dur pour aller au bout de cette ligne de 40 mètres et ça n’a pas plu à certains locaux. En fait je me suis fait reprocher de mettre des traits de magnésie pour marquer des prises dans le crux et apparemment c’est un sacrilège dans les gorges…

 

Je ne sais pas quoi dire à ce sujet si ce n’est que çà m’a vraiment saoulé et que çà m’a bien cassé le moral pour la suite.

En fait il y a un truc que je ne vais jamais comprendre: Pourquoi il y a des gens qui nous casse notre métier? Là dans les gorges je suis tombé façe à façe avec une personne comme ça et elle a dégagé une telle frustration et une telle énergie négative que je me demande à quoi ça sert de grimper…on a tellement de la chance de pratiquer ce beau sport; on a les moyens et la santé. Mais il y a des cons qui passent leur vie sur internet sur les forums et le seul truc qui les amuse c’est de casser des gens comme nous qui s’exposent.

Ce message s’adresse donc à tout les gens qui nous mettent des bâtons dans les roues: Laissez nous tranquilles et soyez un peu plus conscient de la chance qu’on a de pouvoir grimper….la grimpe c’est une joie, il ne faut jamais oublier ça!

 

 

 

Bref, bien frustré de ce qui s’est passé, je me suis forcé à rester jusqu’aux “Natural Games” parce que cet événement est quand même un truc de fou.

J’étais même super contente de participer au contest de bloc parce que ça m’a bien changé les idées et que tout le monde était là pour s’amuser et pour se donner à fond.

Après des qualifications superbes, j’ai hésité à remplir ma fiche parce que j’avais peur d’aller faire une finale devant 20’000 personnes; 4 ans sont passés depuis ma dernière compète et je voulais pas avoir l’air ridicule devant tout ces gens!

Mais bon, compète ou pas, le fait de grimper avec des filles géniales en finale comme Mélissa Le Nevé, Anna Stöhr ou encore Anne Laure Chevrier, ça m’a bien motivée.

Premier bloc je ne bougeais pas, bien ridicule il a fallut que je change quelque chose pour la suite. J’ai commencé à jouer le jeux avec le public et à prendre mon pied en grimpant et puis ça a plutôt bien marché! Au final j’ai fini seconde grâce à un jeté à deux mains et mon dieux je me demande comment j’ai fait parce que si y a bien un truc dans la grimpe que je maitrise pas, ben c’est les dynamiques…

C’est bien la preuve que je suis une grimpeuse qui grimpe à 100% avec le cœur. Dans les gorges j’étais incapable d’enchainer un 8b parce qu’on m’avait brisé le cœur et au contraire, sur une compète de bloc en résine ( mon anti discipline) j’arrive à mettre des buts à des filles qui font des finales en coupe du monde….le monde à l’envers….

 

 

 

 

Photos: Laurent Lafouche et Fred Labreuveux

Out of time!

Well, it’s been a little while since my last blog post. My life is so crazy at the moment that I wasn’t able to find a quiet moment on my computer.

The spring in France has never been so wet and humid since a long time. I wasn’t far away to fell into a little depression because all my projects were wet and my motivation for indoorclimbing was not big.
On the 20th of mai I finally found the perfect partner who was as motivaded as me to find some dry rock. We drove to the best destination in the world for pure climbing and adventure: the gorges of Verdon.

On our way to the south, we took a little loop direction Buoux, where I still had a bill to pay with ‘Bout’chou’. The conditions were more then perfect, the sector ‘au but du monde’ went into the shadow at two in the afternoon and the friction was perfect due to the ‘mistral’.
I only needed one try to remember all the moves (I alredy did a session in the route earlier this year) and on the next go I climbed this ‘Bijoux’ with a big portion of motivation and determination. A pure ascent, also thank’s to my friend Seb which gave all his heart and energy in my redpoint.

Next day, we woke up in the gorges of Verdon and took a breakfast on a view point on the top of the gorges. Vacation time! We’ve had 10 days on this beautiful place, and we were enjoying every minute.

Seb has never spent much time in the Verdon, so I proudly took the role of the guide and I showed him everything which Verdon has to offer.


We climbed a lot on the classic, verdical gorges and did routes like: ‘Surveiller et punir’, Paul pot, and some more 7b’s. We also tried to freeclimb a new 8b roof from Graou, but a hold in the crux section was always wet.


On the more rainy days we went to the huge cave of Galettas by a little boat. Cédric joined us there, because he wanted to try ‘les 3P’s’, 9a. This winter, the most important hold in the crux session broke down and since then, the route hasn’t had a redpoint. Cédric found a new solution for this problem and after three sessions in the route, he was able to redpoint. In his eyes, now the grade of 9a is correct.

Anyways, beside climbing we’ve had a lot of fun out there, specially on our little rubber boat. One day, the mistral was so violent that we weren’t able to paddle back to the beach and so we had to cross the river to find a way out of the gorges by climbing, scrabbeling and nuzzeling in the bushes and scree slopes…to end up the day we did a nice barbecue on the beach and we were enjoying the early summer with a good bottle of wine.

The most important reason why I went back to the gorges was my motivation to finish my project ‘les spécialistes’. This really physical and overhanging route resisted to me since more then a year and this time I felt more then ready to crush the line. Together with Seb, se spent once more three days in the route and each time I felt better and better. On my last day in the gorges and after 1000 trys I was finally able to clip the chain and you can’t imagine how happy I was at this moment! The spécialistes was for me personaly the hardest sportclimbing route I ever did in my life.


Once more I clipped the chain thank’s to a big friendship; Seb was pushing me to try really hard and I felt his big energy and joice while I was climbing. For me this is the most essentially thing in climbing and this was the feeling I was missing so much!

Pictures Verdon: Sebastien Richard

Only two days back at home and once more on the road. This time direction Spain, Margalef. Start of june was the last cronometer to try Era Vella, before the big heats of summer.
Together with a couple of friends from Lyon, we moved to the land of pockets. When we arrived, I quickly realized that temperetures were climbing faster then me!

To be honnest, it was summertime in Spain. We spent our hole week in shorts and top and it was almost to hot fro climbing. I spent two more days in Era Vella but then I gave up because my skin was hurting to much and while I was climbing I was slippering on every hold. But hey, I will not give up, I hust have to wait a little bit and then I will go back in autumn.


This week was really cool, more vacation then something else, but I was climbing hard all spring long so it was cool to climb some easier stuff and to take life easy.

Pictures Margalef: Axel Ballay

 

Beside climbing, Cédric and me, we have another huge project: Two months ago we were buying a ramshackle appartement here in Grenoble. This poor piece needed a 100% rennovation and this is what we are doing on every free minute, rennovations! For me, this is one of the most coolest and satisfying thing I ever did in my live: The creation of my own 4 walls….;-)

 

 

This evening I will move to Chamonix for the Arcademy’x Academy and the I will be on the Rock Trip and Naturalgames in the gorges of Tarn. After that, I will spent mostly of my time here in Grenoble to finish my new home, I will climb a little bit less but there are moments like those in life which are much more important then climbing…I’m psyched….life is great!!!

Mike on Era Vella

Enjoy this little video from Mike Fuselier about his recent ascent of Era Vella and about the time we spent there together. My propre fight will continue soon….;-)

Progression

Rock climbing season continues….after some wonderful days in Buoux, were I spent the Easter  fest with a couple of good friends, I continued my way more to the south, direction Spain, Margalef.

I was climbing there with Mike Fuselier and Victor Estrangin. As usual, Mike made us laughing during the whole week, he could start a second career as a comedian.

I already spent three week’s during last spring in Margalef and I felt in love with this place….fot this trip, Mike and me, we’ve had a clear objectiv: Era Vella, 9a.

Directly we tried to climb in this route, which was kind of a desaster during the first day. We were jumping from quickdraw to quickdraw, unable to climb more then a couple of moves…

The route is more then 50 meters long, so our bilan after day one was definitely not as such as good as we were hoping.

After a good restday we continued to try hard and the progression was huge. We found all the little tricks and personal betas we needed, fantastic!

Last day, Mike was super close to send…. For myself, the more and more I was climbing in the route, the more I was loosing my skin in the ‘Margalef-pockets’ and blood was running out of my fingers. I had to climb with full taped fingers, which is not really pleasant.

But I’m super positive and optimistic! I spent a fantastic week in a magic palce, I was figering out all my personal betas and I was sharing all these experiences of trying really hard with Mike. In my eyes, this is one of the richest thing in climbing…

History to continue….;-)